Mardi 15 juin 2 15 /06 /Juin 09:40

CHIRURGICAL (1/2)

 

Elle est, ce soir là, distraite, contente des coups de fil qu’elle a donnés et reçus, de courses qu’elle a faites en ville. Une robe sur mesure aux teintes vertes avec un empiècement noir qui lui ira, dit la couturière, à ravir. Elle songe au premier essayage, en août, à son retour de Paris. Ce sera une robe aux genoux, serrée à la taille, raffinée et élégante. Elle s’y sentira bien.

Elle va de la cuisine au salon et se penche sur son ordinateur pour discuter avec un interlocuteur qui lui propose de faire l’amour chez lui. Cette proposition lui plaît. Elle le lui fait savoir. Il entre dans les détails, lui explique qu’ils seront sans doute trois, quatre peut-être. Elle chantonne en répondant, donne son accord. Elle aime aller chez cet homme parce que le plaisir lui plait. Il en donne. Elle en prend. La chambre est fraîche, souvent obscure. Les corps sont nus. Jeunes hommes. Dos, épaules, torses, qu’elle palpe, caresse, embrasse. Bouches qu’elle rencontre. Sexes bandés dont elle teste la rigidité.

Tout est bien.

Le plaisir est dense, concentré. Il les fait se rejoindre sans cesse.

Ils gémissent et crient, halètent ensemble.

Ils n’en finissent pas de se chercher.

Elle tente de prendre congé de son ordonnateur quand le téléphone sonne. Elle passe dans la cuisine. Ecoute.

Son interlocuteur a une voix ferme aux inflexions rieuses. Il est poli.

Elle le reconnaît. C’est un premier contact. Une réponse à l’annonce qu’elle a fait paraître.

Il s’est dit courtois, généreux et sympathique. Il est bon mentor dans les jeux érotiques.

Juste deux lignes. Aucune référence à une façon différente de le joindre. Pas de numéro de portable.

Il a réitéré trois fois sa demande. Quasiment la même alors que d’autres tentent de la convaincre avec des arguments variés.

Au troisième courrier, elle a donné suite. Non sans une certaine appréhension. Ses messages, bien que courts, ont été scrutés. Elle sait lire.

Il aime le pouvoir. Il va le prendre sur elle, s’il l’approche. Elle le sent. Il est directif.

Il s’enquiert d’elle. Elle rie. Elle n’est pas encore nerveuse.

« Au fond, que voulez-vous ? »

Ce qu’elle veut ? Oh, elle peut répondre facilement.

 

 

Elle a bien demandé un mentor, fait savoir qu’elle aimait les plaisirs variés avec différents partenaires. Elle aime qu’on la guide, l’entoure et la conduise. Mais si elle l’aime l’obéissance, elle recherche l’égalité et le respect. Ce n’est pas évidemment ce qu’elle a écrit mais c’est ce qu’elle explique à ceux qui la contactent.

« Ah oui ? »

Il attend autre chose. Elle le sait mais ne baisse pas sa garde.

Elle a plusieurs liaisons.

«Oh, alors, vous sortez beaucoup, aimez les hommes ! Cela m’amuse, plutôt. Vous prenez la vie du bon côté ! »

Elle répond que oui, en effet.

Elle laisse s’installer un silence puis un autre. Elle demeure légère. Mais lui n’a plus le même ton. Le changement est net. Une sécheresse…

« Vous êtes distraite. A qui parlez-vous ? »

« A personne »

Elle ment. Elle tape sur son ordinateur. L’amant avec lequel elle parle précise le rendez-vous.

« Je n’aime pas cela. A qui parlez-vous ? Vous êtes en ligne. »

« Oui »

«Alors, vous mentez, France ! »

Elle s’amuse encore.

« Oui. »

« Joueuse, hein ? »

Cette voix toujours plus ferme, presque dure.

«Que cherchez-vous, France ? Pourquoi m’avoir contacté ? »

Elle est sur le qui-vive. Cherche ce qu’elle va répondre.

« Mais, je viens de vous l’expliquer. J’ai des aventures, joue, prends du plaisir… »

Il réfute ce qu’elle dit.

« De moi, que voulez-vous ? »

Elle ferme les yeux. Un frisson la parcourt.

« Vous avez dit que vous étiez directif et le mot m’a interpellé. »

« Pourquoi ? »

Soudain, le sourire la déserte. Elle reste immobile dans sa cuisine, liée à cette voix impérieuse.

« Pourquoi ? »

Elle hésite encore mais très peu de temps. Puis bascule.

« Êtes-vous un Maître ? »

La réponse est tranquille. Le ton froid.

« Mais oui, ma petite France »

Elle se rend transparente, consciente qu’il écoute chacun de ces mots et les isole les uns des autres pour en faire un réseau net et coupant, un filet dont il va ensuite se servir pour l’emprisonner.

« A vrai dire, j’ai été contactée par un premier dominateur. J’ai fait mon possible pour lui plaire mais je ne lui conviens pas. Il a des exigences très fortes et je ne réussis pas à le satisfaire. Il est dépité, en colère et me le fais savoir. »

La voix reste froide, le ton détaché.

« Qu’est ce qu’il demande à la petite France ? »

Elle le sent. Elle perd du terrain. Elle se racle la gorge avant de parler.

« Il me dit d’être à genoux quand il m’appelle et de dire une formule de soumission. Je dois être préparée pour lui. Des talons, des bas. Seulement cela. « 

« Oui. Quelle formule ? »

« Maître, acceptez-moi comme esclave, je suis votre soumise obéissante. »

Il la fait attendre. Elle aimerait qu’il apprécie la formule. Cela signifierait sans doute que son beau dresseur était efficace et que c’est elle qui a failli. Elle préférerait cela. L’inconnu qui lui parle est bien plus redoutable.

Elle l’entend rire légèrement.

« Amusant. Quoi d’autre ? »

« Je dois m’attacher les mains et me caresser intimement, de manière intense. Il me laisse du temps mais quand il me rappelle, je dois jouir. C’est cela qui ne va pas. La stimulation vient seulement de sa voix. Elle est belle mais je n’accède pas au plaisir. Je le déçois. »

Elle est surprise qu’il continue de rire. Curieusement, il le charge lui, pas elle.

« C’est là un curieux maître, France. L’avez-vous vraiment pris au sérieux ? »

Elle est bien forcée d’avouer que oui.

« Je l’ai supplié de venir chez moi hier. Il l’a fait. Je n’ai pu jouir vite. Il m’a insultée avant de partir. »

Nouvel amusement. Cette fois, il s’esclaffe.

«En cela, tu n’es pas sotte. Tu me plais France ? Tu m’intéresses. Tu sais cela ? »

Elle reste immobile. Une sorte de frayeur latente monte en elle.

« Oui. »

Elle le devine, au bout du fil, bandant ses forces. Psychologiquement, il l’a déjà cernée.

« Il va falloir changer de ton, compris ? »

Le ton est glacial, d’un précis chirurgical.

« Tu ne dis pas oui, mais oui, Monsieur. C’est clair.»

« J’ai compris, Monsieur »

« Tu laisses ton maître d’opérette. Il n’est rien. Maintenant, je suis là. »

Pourquoi ne peut-elle soudain plus penser ? Elle a l’esprit immobile.

Elle répète.

«Vous êtes là, Monsieur. L’autre n’est rien. Je le laisse.»

« C’est bien France. Ainsi, tu sors beaucoup. Tu couches beaucoup. On t’ouvre facilement les cuisses. Tu aimes le sexe. Et cet homme avec lequel tu parlais ? Qui est-ce ? »

« Il ordonne mes plaisirs, m’invite chez lui. Il y a d’autres hommes. »

« Il te frappe ? »

« Jamais »

« Il est gentil avec toi, alors ? »

« Oui. »

Il la reprend sèchement.

« Oui, Monsieur. »

« Il est ton Maître ? »

Il ne peut pas l’être. Elle le lui dit. C’est un organisateur de plaisir.

C’est Lui, elle le sait. Celui qui vient pour elle.

Lui est destiné.

Elle en est frémissante.

Il lui semble qu’elle a une voix d’enfant.

« Non, Monsieur ».

Il se montre satisfait. Il va lui téléphoner le lendemain. Elle doit d’ici là lui écrire un texte dans lequel elle raconte ce qu’elle a fait de plus osé. Elle acquiesce.

« Tu n’oublies pas, ma petite France. Je veux ça pour demain. Tu ne me déçois pas, hein ? »

Cette dureté maintenant. Cette façon qu’il a de prendre brusquement possession d’elle.

Une vraie histoire.

Pas de fantasmes.

Il l’appelle à huit heures le lendemain. Il aura lu son texte. Elle n’a plus qu’à se mettre au travail.

Il raccroche.

Elle écrit pendant trois heures.

Elle raconte un jeune Maître il y a longtemps. Une esquisse de soumission, bien avant qu’elle en arrive à l’âge qu’elle a atteint. Elle dit combien elle a été fasciné par ce jeune homme manipulateur, combien elle a tenté de lui obéir…Toute cette histoire qu’elle retraverse lui semble inaboutie. Ces coups de fil qu’il lui a donnés n’importe quand, cette façon qu’il a eu d’en apprendre sur elle en volant une partie de son courrier, les relations intimes qu’elle a eues avec lui, entre le plaisir et les coups. Bien sûr, celui pour qui elle écrit est à un bien autre niveau mais le jeune homme qu’elle a connu est peut-être devenu son pendant. Il l’a frappée, il y a longtemps. Une fessée méthodique et violente, porteuse d’une satisfaction ambiguë : le contentement et la souffrance.

Il est minuit quand elle termine son texte. Elle l’envoie de suite, regrettant de ne pouvoir le retravailler plus.

Elle obéît à Monsieur.

 

(Par Nina S ,A suivre)

Par Maitre Gone6 - Publié dans : Bienvenue - Communauté : SM: Domination/Soumission
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