Nat et le photomaton
Participation de Maître Eric, Maître de Nat
(Voir également les Photos de Nat,
Illustrant ce récit et qui sont de son Maître)
On a beau avoir de l'imagination, il n'est pas évident de trouver un moyen d'exhiber dans la rue les seins de sa femme sans provoquer un scandale. C'est Jo, je
vous l'ai dit, qui a l'idée de se servir de cet appareil automatique surtout utilisé pour les photos d'identité. Il a déjà dû baratiner à mort ma salope d'épouse, qui a une frousse bleue d'être
reconnue. Un samedi après-midi, vers 15 heures, après avoir embrassé et peloté Nat à mort (sans la faire jouir, mais en la laissant palpitante de frustration), nous voila partis vers le centre de
Lyon, rue Jean de Tournes pour ceux qui connaissent, les poches bourrées de monnaie.
Il y a dans cette rue l'appareil parfait que nous cherchons. Parfait pour nous, c'est-à-dire qu'il n'est pas situé dans un magasin mais plutôt dans un tout petit
renfoncement, une sorte de mini hall publicitaire qui propose également un photocopieur et quelques petites annonces protégées par des vitrines.
Le photomaton, lui, donne directement sur la rue. Nat n'est pas vraiment à l'aise et regarde de tous les côtés avant d'aller s'asseoir sur le tabouret à vis que
nous avons remonté presque à son maximum (il n'y a pas que le visage de Nat qui doit figurer sur les clichés). Je suis posté d'un côté du rideau gris et plissé que j'ai tiré sur sa tringle, Jo de
l’autre.
La rue est très fréquentée à cette heure de la journée: du dehors de la machine, les passants ne voient qu'un spectacle très banal, les jambes d'une femme qui se
fait photographier. Déjà gênée pendant le réglage du siège, Nat devient toute rouge lorsque claque l'ordre sec de Jo: "allez, torse nu, dépêche-toi, salope".
Elle tremble à présent, en voyant son reflet dans la vitre qui la sépare du petit œil rond de l'objectif. A contrecœur elle déboutonne son chemisier de coton
blanc et ses joues chauffent quand son soutien-gorge se reflète dans la glace. Ce n'est ni le temps ni le lieu pour qu'elle le retire complètement et j'ai pleinement conscience de la honte
supplémentaire que lui coûte le fait de devoir soulever ses seins elle-même, à pleines mains, l'un après l'autre, pour les passer au dessus de la dentelle blanche des bonnets qui s'aplatissent;
ses seins sont hérissés de chair de poule et leurs larges aréoles sont grumeleuses d'excitation et d'air frais. " Tiens-toi droite...cambre-toi et bombe le torse...garde le visage relevé...Nat
obéit comme un automate et sa main tremble pour mettre ses pièces dans la fente. Ses côtes se dessinent lorsqu'elle respire et elle gémit aux craquements des éclairs du flash. Quatre lueurs la
cinglent de leur clarté blafarde. Elle se rajuste en vitesse et sort enfin de la cabine qui est devenue étouffante.
Mais son calvaire ne fait que commencer et là c'est encore plus humiliant: nous avons décidé qu'elle doit s'éloigner de l'appareil. Elle traverse avec nous pour
attendre sur le trottoir d'en face. Pour nous trois c'est intolérable: nos yeux sont rivés sur la fente de la machine puisqu'il faut bien patienter pour le développement. Nat gémit quand de
l'autre côté de la rue sa bande tombe dans le bac métallique. Nous la tenons fermement par ses coudes et ses jambes tremblent. Elle détourne le visage. Je bande.
Cinq minutes se passent et Nat a un haut-le-coeur quand un homme d'un certain âge s'assied à son tour dans la cabine et tire le rideau. Et lorsqu'il sort c'est
pire pour elle : le type regarde machinalement dans la fente extérieure, ramasse la bande de photos, n'en croit pas ses yeux, hésite puis, discrètement, la glisse dans sa poche après avoir
regardé autour de lui , comme pour vérifier qu'il est bien seul. Dès qu'il a ses propres photos il part très vite.
Jo ricane et Nat est écarlate.
Nous entraînons de nouveau notre salope vers la machine et la même scène se reproduit.
Des hommes qui emportent chaque fois les photos de Nat avec les leurs, une femme, entre deux âges, scandalisée, qui laisse les photos sans oser les prendre et
part enfin avec sa bande...
Le meilleur se produit quand un groupe de trois ados, agités et bruyants, font les idiots dans la machine, avant de découvrir la bande de papier humide. Ce sont
des hurlements de joie, des rires gras et des gloussements qui font monter les larmes aux yeux de Nat. Elle veut partir, mais Jo la tient fermement par le bras. Les gamins balaient du regard le
trottoir, reconnaissent Nat mais n'osent pas s'approcher. Ils agitent la petite bande de photos et avec leurs mains ils ont des gestes éloquents à hauteur de poitrine en se foutant carrément de
sa gueule. Nat va tourner de l'œil quand enfin ils s'en vont en emportant leur souvenir......
Nous rentrons en vitesse à la maison. La porte fermée nous nous jetons sur Nat comme des bêtes. Je passe mes doigts dans la fente de Nat qui gémit en fermant les
yeux, son jus intime trempe ses poils. Jo ouvre sa braguette et je fais de même.
(à suivre...)
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